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Je commence beaucoup de choses… mais je ne les termine pas

Commencer ne pas finir
Commencer ne pas finir

Comprendre ce qui se joue psychologiquement

Beaucoup de personnes vivent avec ce sentiment frustrant : l’élan du départ est là, l’envie aussi. On commence un projet, une formation, une démarche personnelle… puis, quelque chose s’essouffle. Le projet reste en suspens, sans être vraiment abandonné, mais jamais mené jusqu’au bout.

Avec le temps, ce fonctionnement devient pesant. Il s’accompagne souvent de culpabilité, de doutes, parfois même d’une image de soi qui se dégrade : « je ne vais jamais au bout », « je manque de motivation », « je ne suis pas constante ».

Pourtant, d’un point de vue psychologique, ne pas terminer ce que l’on commence n’est pas un manque de volonté. C’est souvent le signe d’un fonctionnement plus complexe, qui mérite d’être compris plutôt que jugé. Comprendre ce qui se joue permet déjà de relâcher une partie de la pression intérieure.

 

1. Commencer sans finir : un fonctionnement plus courant qu’on ne le croit

Commencer sans terminer ne veut pas dire la même chose pour tout le monde. Pour certains, les projets s’arrêtent très vite. Pour d’autres, ils avancent longtemps… puis se figent juste avant la fin. Parfois, on accumule plusieurs débuts, avec l’impression de tourner en rond.

Ce fonctionnement est beaucoup plus fréquent qu’on ne l’imagine, notamment chez des personnes investies, réfléchies, parfois très exigeantes avec elles-mêmes. Il ne traduit pas nécessairement :

  • un manque d’intelligence,

  • un défaut d’organisation,

  • ni un problème de sérieux.

Dans certaines périodes de vie — fatigue, surcharge mentale, transition professionnelle ou personnelle — ce fonctionnement peut même être transitoire.

Il devient plus difficile à vivre lorsqu’il s’installe dans la durée et qu’il commence à entamer la confiance en soi.

Procrastiner commencer et ne jamais terminer
Procrastiner commencer et ne jamais terminer

 

2. Ce qui se joue sur le plan psychologique

Sur le plan clinique, ce type de fonctionnement n’est jamais anodin. On observe souvent une différence nette entre le moment de commencer et le moment de poursuivre.

Le début d’un projet mobilise généralement :

  • l’espoir,

  • l’envie de changement,

  • une projection positive,

  • parfois même un sentiment de soulagement.

Mais à mesure que l’on avance, d’autres dimensions apparaissent : la confrontation à la réalité, le regard des autres, la peur de ne pas être à la hauteur, ou encore la responsabilité liée au résultat final.

C’est souvent là que quelque chose se bloque.

Ne pas finir comme forme de protection

Ne pas aller jusqu’au bout peut, inconsciemment, protéger :

  • d’un sentiment d’échec,

  • d’une déception redoutée,

  • ou d’une remise en question plus profonde.

Il peut parfois sembler moins douloureux que d’affronter un résultat imparfait.

 

3. Ce que montrent les recherches sur le cerveau et l’action

Les recherches en psychologie cognitive et en neurosciences montrent que notre cerveau réagit fortement à l’anticipation émotionnelle.

Lorsqu’une tâche est associée, même implicitement, à :

  • de la pression,

  • une forte exigence,

  • ou un risque d’évaluation négative,

le système émotionnel active une réponse de stress. Ce stress peut suffire à freiner l’engagement, même chez des personnes motivées et compétentes.

De nombreuses études montrent également que l’arrêt ou le report d’une tâche réduit immédiatement la tension intérieure. Ce soulagement est bref, mais puissant. Le cerveau apprend alors que s’arrêter apaise… et tend à reproduire ce schéma.


 

4. Un cercle qui se met en place sans qu’on s’en rende compte

Avec le temps, un cercle s’installe.

Plus on anticipe la difficulté, plus on contrôle, analyse, doute, plus la charge mentale augmente.

Arrêter ou éviter soulage sur le moment, mais renforce l’idée que la situation était réellement trop lourde ou trop risquée. Ce mécanisme est automatique, non conscient, et très fréquent dans les fonctionnements anxieux.

Il ne s’agit pas d’un choix, mais d’un apprentissage émotionnel.


 

5. Ce n’est ni une faiblesse, ni un défaut personnel

Il est important de le dire clairement :ce fonctionnement ne dit rien de votre valeur.

Il correspond à une stratégie de régulation émotionnelle mise en place pour faire face à une tension intérieure. Une stratégie qui a pu être utile à un moment donné, mais qui devient coûteuse lorsqu’elle se répète.

Et ce qui a été appris par le cerveau peut aussi être progressivement modifié, avec un accompagnement adapté.

 

6. Quand est-il pertinent de consulter ?

Consulter peut être utile lorsque :

  • ce schéma se répète malgré les efforts,

  • la culpabilité devient envahissante,

  • l’estime de soi est fragilisée,

  • ou que des projets importants restent constamment bloqués.

Il ne s’agit pas d’attendre d’aller mal, mais de reconnaître qu’un fonctionnement devenu automatique mérite d’être exploré et compris.

 

7. Comment la psychothérapie peut aider

En psychothérapie, l’objectif n’est pas de “se forcer” à terminer, ni d’imposer une discipline rigide. Le travail consiste plutôt à :

  • comprendre à quel moment précis le décrochage apparaît,

  • identifier les pensées et émotions associées,

  • apprendre à tolérer progressivement l’inconfort,

  • et retrouver une relation plus souple à l’action et à l’erreur.

Le cadre thérapeutique permet d’avancer à un rythme respectueux, sans pression de performance.

 


Commencer sans finir n’est pas un échec personnel. C’est souvent le signe d’un fonctionnement psychologique cohérent, mis en place pour se protéger d’une tension intérieure ou d’exigences trop élevées.

Mettre des mots sur ce mécanisme permet déjà de desserrer l’étau de la culpabilité. Ainsi lorsque ce schéma devient envahissant, se faire accompagner peut aider à retrouver plus de liberté, plus de continuité, et surtout plus de bienveillance envers soi-même.

 

DR ALAMI Ghita

 
 
 

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Contact  

Tel: 06 62 82 94 60 

DR ALAMI GHITA Psychologue clinicienne

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